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Attentats-suicides : violence et religion

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L’échec de Copenhague

J’ai entendu dire que le président du Tchad, à l’issue des négociations manquées de Copenhague, pleurait la disparition annoncée du Lac Tchad. C’est maintenant un fait acquis irréversible : dans vingt ans cette mer intérieure aussi vaste que la Sicile aura disparu. Et tout continue comme si de rien n’était. Nous courons de plus en plus vite au-devant de pénuries catastrophiques des ressources planétaires (non seulement le pétrole, mais aussi les métaux, les sols, l’eau) avec les guerres qu’elles déterminent déjà. Nous courons aussi au devant de pollutions massives et nocives (s’il n’y avait que le CO2 !), qui détruisent notre habitat terrestre et déterminent déjà des exodes de populations entières.

Que dire de tout cela ? Peut-être simplement que nous ne savons pas ce que nous faisons. Nous ne sentons plus ce que nous faisons, nous sommes insensibles, ou impuissants, sans doute irresponsables, incapables de prendre nos responsabilités. Le plus grave est que certains « climato-sceptiques » (ou climato-cyniques ?) s’en réjouissent. Et pourtant, une économie plus « verte » serait l’occasion d’un virage technologique majeur et fécond. Mais comment désormais confier le traitement de ces questions aux automatismes capitalistes du marché, qui ne voient des passions humaines que la cupidité et la paresse, les intérêts immédiats. Et puis l’exigence d’une société plus fraternelle à l’échelle de l’humanité serait l’occasion d’une réinvention de la politique, du concept même de « cité » humaine. Mais comment confier une telle ambition à des hommes politiques qui ne sont souvent plus que des « hommes d’affaires », dont chacun ne sert que les intérêts corporatistes de son peuple, les passions les plus ignobles de nos « après nous le Déluge » !

Bref la société civile ne peut plus compter que sur elle-même pour changer de cap. C’est une question de survie, et nous voici au pied du mur. Diviser au moins par quatre notre consommation de viande, c’est possible. Cesser de prendre l’avion pour des vacances outre-mer de rêve, c’est possible. Cesser complètement d’acheter de l’eau dans des bouteilles en plastique, c’est possible. Nous déprendre peu à peu de la dose (toxique) de déplacement dont nous avons besoin pour être heureux, c’est possible. Et bientôt sans doute refuser d’acheter les produits des pays qui ne respectent pas les conventions environnementales, relocaliser l’économie, c’est possible. Il ne s’agit pas seulement de possibilités héroïques, quasi-franciscaines : on verra vite que le nouveau mode de vie sera bien meilleur. Mais dans tout cela c’est encore et seulement le consommateur que j’interpelle.

Or le fond du problème est civique :  il nous faut être d’autant plus de bons citoyens du monde qu’il n’y a pas de cité planétaire qui nous impose ses lois. Nous devons nous déplacer pour nous sentir responsables de tout ce qui est vulnérable et fragile au monde, dans les générations et les mondes lointains comme à nos pieds — nous sommes attentifs au lointain mais ne regardons pas assez ce qui est tout proche de nous. Et la question n’est pas seulement économique ni politique, mais c’est une question de foi, de confiance. Confiance dans nos capacités à agir, à sentir. Confiance au monde, qui n’est pas un monde de matière mauvaise, mais une création bonne : « Dieu a tant aimé le monde », dit l’Evangile, que la moindre des choses est bien de l’aimer nous-mêmes, puisqu’il nous a été ainsi confié.

Midi-Magazine sur la radio Fréquence protestante
Lundi 28 décembre 2009

 

 

Olivier Abel
(merci de demander l'autorisation avant de reproduire cet article)

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Olivier Abel
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