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Olivier Abel

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couverture de la revue EtudesPublications

La gratitude

 

La gratitude d’exister
par Olivier Abel
Études - décembre 2010, p.670-671

 

Introduction :

L’expression de la gratitude commence par un petit mot dont les enfants apprennent à tester les vertus magiques : « merci ». Encore faut-il savoir le dire pour que s’ouvre le sésame de la gratitude qui réjouit tout autant celui qui donne que celui qui reçoit. Dire merci du bout des lèvres ou en maugréant, ce n’est pas exprimer sa gratitude mais se soumettre à un code de politesse élémentaire en passant à côté de l’essentiel, la présence de son bienfaiteur.

La bienséance n’est pas encore la gratitude qui ne peut être ni exigée, ni même attendue. Comme la gratuité, la gratitude dérive du terme latin gracia, « la grâce ». Elle est une brèche dans l’économie de l’échange et de l’équité, car elle fait place à l’imprévisible et au surcroît du don.

Spinoza définit la gratitude comme « le désir ou l’élan d’amour par lequel nous nous efforçons de faire du bien à celui qui nous en a fait par un sentiment d’amour ». Dans la gratitude, l’amour ne procède pas du manque ou de l’insatisfaction, mais de la joie des dons reçus et partagés. Il s’agit d’une joie humble qui sait reconnaître la valeur de la vie offerte. Une telle capacité à se réjouir des dons reçus n’est pas donnée à tout le monde. L’ingrat nie la valeur de ce qu’il reçoit sous prétexte qu’il ne reçoit jamais assez ou comme si tout lui était dû. Il demeure prisonnier de l’orgueilleux désir de ne rien devoir à personne et de se suffire à lui-même.

La gratitude n’invite pourtant pas à rendre la pareille, mais à faire fructifier ce qui nous est donné, en allant de l’avant vers une histoire nou­velle. Le don passe par soi, même si nous n’en sommes pas l’origine. C’est en lui que nous trouvons vie et jubilation. De la reconnaissance du service rendu à la joie qui accompagne une présence attentive et aimante, la grati­tude mène ainsi à « l’action de grâce », à la célébration du « grand mystère de la fécondité de la vie ». La fête américaine de Thanksgiving, décrite comme « une journée d’action de grâce et de prière publique », porte encore quelques traces de cette célébration.

N.S.-L.

Françoise Le Corre : Merci
Olivier Abel : La gratitude d’exister 
Nathalie Nabert : Un soleil miséricordieux
Tom Heneghan : Thanksgi­ving, une tradition américaine de gratitude.

 

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